Partout sur Internet, on entend parler des bienfaits du eCommerce. On vante les millions qu’on peut faire en vendant jour et nuit sur le web, en faisant de l’argent pendant qu’on dort. Mais, avant de vous lancer dans l’aventure de la vente en ligne, prenez le temps de définir clairement votre projet et de choisir le bon fournisseur.
En l’an 2000, j’ai fait développer sur mesure un premier site de vente en ligne par une firme du Québec spécialisée dans la conception de sites web transactionnels. Alors que je croyais qu’en trois ou quatre mois, tout serait fini, il a fallu au total dix-huit mois et près de 200 000 $ au total pour mener le projet à terme.Dans cet article, vous découvrez les difficultés que j’ai vécues durant ce projet et comment les leçons que j’en ai tirées pourraient vous faire sauver des milliers de dollars.
Identifiez clairement vos besoins
Lors de la conception de mon premier site de eCommerce d’importance, j’ai visité de nombreux sites pour voir ce qui existait sur le marché.En quelques jours, j’ai pu identifier clairement ce que je recherchais.Je voulais :
- Une boutique de vente en ligne qui me permettrait d’offrir des produits physiques et des documents téléchargeables (eBooks, documents, vidéos, conférences audio, etc.)
- Un club privé où les membres pourraient échanger à partir d’un forum de discussion.
- Un outil qui permettrait à mes clients de diagnostiquer à distance la performance de leur entreprise.
- Un engin de gestion d’articles, de nouvelles et d’événements.
- Un lien direct avec un logiciel de gestion des apprentissages en ligne LMS (Learner Management System)
L’ensemble du site devait être assez flexible pour que mes employés puissent y ajouter n’importe quel contenu sans connaître le moindre langage de programmation.
Trouver le bon fournisseur de site de eCommerce
Après quelques semaines de recherche, j’ai identifié trois fournisseurs qui semblaient à première vue avoir les compétences pour m’aider à mener à terme mon projet.Les trois avaient des honoraires assez semblables. J’ai finalement retenu celui qui démontrait la meilleure expertise dans le domaine.Malheureusement, c’est là que les problèmes ont commencé.
Rapidement, on m’a assigné un gestionnaire de projet qui allait gérer leur équipe de programmeurs. Plutôt que débuter par le développement de l’architecture du site, le gestionnaire y est allé à la cuillère en travaillant sur des modules individuels. Au bout de quelques semaines, déjà le projet commençait à prendre du retard. On ne recevait pas d’informations précises sur l’avancement des travaux. Après avoir fait pression sur la direction, on nous apprend que le gestionnaire venait d’être mis à pied parce que comme nous, plusieurs clients s’étaient plaints. On nous en donne alors un autre qui après une semaine de travail pour cette entreprise, remet sa démission. Finalement, on nous présente un véritable gestionnaire qui connaissait son métier mais, puisqu’il travaillait avec les grands clients corporatifs, n’a pu nous donner toute son attention. Nous étions beaucoup trop petits. Par conséquent, le projet a pris dix-huit mois pour être mené à terme.
Pour terminer, lorsque le fournisseur nous a livré le projet complet et qu’il a été mis en ligne, nous lui avons demandé le code source. Le code source est le code de programmation qui soutient l’ensemble du site.Hélas, d’autres problèmes sont apparus. Le fournisseur nous apprend par ses avocats que nous n’avons pas accès au code source puisqu’il leur appartient. Durant les négociations précédant la signature du contrat 18 mois plus tôt, le président de l’entreprise et son représentant nous avaient confirmé que le code nous appartiendrait à la fin du contrat.Malheureusement, le contrat d’une quarantaine de pages ne stipulait rien à cet effet. C’était alors notre parole contre la leur. Pour obtenir le code, nous avons dû faire appel à des services d’avocats spécialisés en droit de la propriété intellectuelle et en informatique.
Après cette mésaventure et maintenant en possession du site et de son code source, il était clair que je ne voulais plus faire affaires avec ce fournisseur ni pour le support ni pour l’hébergement.
J’ai trouvé un autre fournisseur qui a transféré le site sur d’autres serveurs mais… les problèmes n’étaient pas terminés. En vérifiant le code source, nos nouveaux fournisseurs ont découvert des lacunes majeures en matière de programmation. À leur avis, le site avait été programmé par des débutants et il n’y avait aucune uniformité entre les différents modules. Nous avons dû investir encore quelques milliers de dollars pour avoir un site fonctionnel et qui demeurait malgré tout, instable.
Après trois ans d’opération, j’ai finalement mis un terme définitif à ce site. Son architecture était si mal élaborée qu’il était pratiquement impossible d’y ajouter d’autres modules sans devoir investir encore des sommes énormes pour y recoder certaines parties. Aujourd’hui il est sur un cédérom et dort au fond d’un tiroir. Mais l'aventure ne s'est pas arrêtée là...